Le délectable en poésie
(Al-mumtiʿ fī al-ši ʿr)
The Delightful in Poetry
(Al-mumtiʿ fī al-ši ʿr)
لم يصلنا كتاب الممتع كاملا، بل بقيت منه منتخبات سمّاها مُنشئها اختيارا، ويرجّح بعض المحقّقين أن يكون ابن منظور ( ت. 711 ه) صاحبها. والكتاب في مجمله يشبه كتب الأدب العامّة التي تجمع الأخبار إلى رواية الأشعار والتعليق عليها أحيانا. وهو ينقل عن بعضها كطبقات فحول الشعراء لابن سلام الجُمَحي (ت. 232 ه) و الشعر والشعراء لابن قُتَيبة (ت. 276 ه).
حرم هذا الاختيار قُرّاء "المُمتِع" من معرفة مقدّمته وخطّة صاحبه فيه وغايته من تأليفه، فجاء مُختصَرا دون تمهيد ولا خاتمة. وقد تكون بعض آراء النّهشليّ الخاصّة ممّا سقط عند الاختيار. فالرجُلُ عند ابن رشيق مرجع في الشعر ونقده، ذكَره في كتاب "العمدة" عشرات المرّات ونقل عنه الكثير من النُّقول، وكانت المقارنة بينهما سببا في تحرير رسالته "قُراضة الذّهب" . ولهذا أمكن اعتبار كتابه "الممتع" تأسيسا للمدوّنة المغاربيّة في نقد الشعر (في النصف الثاني من القرن الرابع الهجري)، وستكون آثار ابن رشيق و ابن شرف تتويجا لها (في النصف الأول من القرن الخامس).
لم يتّخذ كتاب " الممتع " منهجا في التصنيف دقيقا كذاك الذي عُرفت به كتب النقد المتأخّرة حين صار قسم كبير منها تعدادا لأبواب البيان والبديع وتمثيلا عليها مثل الصِّناعتَين للعَسْكري (ت. 395 ه) و العُمدة لابن رشيق (ت. 456 ه)، فهو أشبهُ بكتب الأوائل في سعيه إلى إنشاء مُدوّنة أدبيّة مرجعيّة تعرّفُ بالشعر وتخبرُ بثقافته عند أهله (لوازمه ومنزلته ودواعيه ووظيفته) وتقدِّمُ مسالك التميّز فيه وتتمثّل على كلّ ذلك بالأشعار السائرة والأقوال المختارة.
فمن أبوابه: فضل الشعر، والبيان، وبُيوتات العرب، وحكماء قريش ، وجهارة الصوت، والاحتماء بالشعر والذبّ عن الأعراض، والأنفة من الهجاء، والعفو عمّن أذنب... وهي أبواب دالّة على أنّ النهشليّ يعيد تدوين ذاكرة الشعر العربيّ وثقافته في هذه البيئة المغاربيّة الجديدة، حتّى يمكن التّأسيس عليها تأسيسا مختلفا. فلا عجبَ أن تعود الأشعار الواردة في "الممتع" إلى البيئة البدويّة وإلى المشرق العربيّ ، ممّا لن يكون دأب النقّاد المغاربة بعده. ومع ذلك فإنّ في الكتاب آراء خاصّةونظرات مميّزة كما في استهجانه للهجاء مثلا.
Al-Mumtiʿ ne nous est pas parvenu dans son intégralité et le peu qui a survécu a été compilé sous la forme d’une anthologie. Les auteurs des éditions critiques de ce texte pensent que le compilateur de cette anthologie est probablement Ibn-Manẓūr (m. 711 H.). Pour l’essentiel, le livre ressemble aux ouvrages de littérature générale où se retrouvent les récits et la poésie avec, de temps à autres, quelques commentaires. Il reproduit des extraits de certains de ces textes comme les Ṭabaqāt fuḥūl al-šuʿarāʾ[Classes des poètes champions] d’Ibn-Sallām Al-Ǧumaḥī (m. 232 H.) et Al-šiʿr wa al-šuʿarāʾ[La poésie et les poètes] d’Ibn Qutaybaẗ (m. 276 H.)
Ce choix a privé les lecteurs d’Al-Mumtiʿ d’accéder à son introduction ainsi qu’à l’agencement prévu par l’auteur et la raison pour laquelle il l’a composé. Il en résulte que l’ouvrage est un condensé dépourvu d’introduction et de conclusion. Ce sont probablement certaines des opinions propres à Nahšalī qui ont été écartées lors de la sélection [des extraits]. Le fait est que Ibn Rašīq le considère comme la référence en matière de poésie et de critique poétique ; il en parle des dizaines de fois dans son ʿUmda et il en reproduit de nombreux extraits. Et c’est la comparaison entre ces deux hommes de lettres qui l’a amené à composer son épître intitulée Qurāḍat al-ḏahab [Fragments d’or]. C’est la raison pour laquelle on a pu considérer son Mumtiʿ comme la base sur laquelle repose la critique poétique au Maghreb (au cours de la seconde moitié du quatrième siècle de l’hégire). Les œuvres d’Ibn Rašīq et Ibn Šaraf en seront le couronnement (au cours de la première moitié du cinquième siècle).
Al-Mumtiʿ n’obéit pas à une méthodologie de classement précise contrairement aux livres de critique littéraires tardifs dont un grand nombre sont une énumération des différents modes rhétoriques et des tropes, illustrés par des exemples, comme dans Al-ṣināʿatayn [Les deux arts (la prose et la poésie)] d'Al-ʿAskarī (m. 395 H.) et Al-ʿUmdaẗ d’Ibn Rašīq (m. 456 H.). Al-Mumtiʿ s’apparente plus aux ouvrages des précurseurs, en ce sens qu’il tente de composer une mudawanaẗ [corpus] littéraire de référence qui fait connaître la poésie et la culture de ceux qui la pratiquent (ce qu’elle requiert, son statut, ses motifs, sa fonction) ; il présente les voies de l’excellence en la matière et illustre tous ces éléments avec des textes poétiques devenus célèbres et des aphorismes choisis.
Citons quelques-uns des thèmes traités dans ses chapitres : Prééminence de la poésie, la rhétorique, les tribus Arabes illustres, les sages de Qurayš, sonorité de la voix, la poésie comme refuge et la défense de l’honneur, le mépris pour la satire, pardonner aux causeurs de torts. Ces têtes de chapitres nous montrent que Nahšalī réécrit la mémoire et la culture de la poésie arabe dans cet environnement maghrébin nouveau afin de pouvoir édifier quelque chose de différent. Nulle surprise donc si les textes poétiques reproduits dans Al-Mumtiʿ viennent de l’environnement bédouin et du Mašreq arabe, un choix qui ne sera pas repris par les critiques littéraires maghrébins après lui. L’ouvrage n’en comporte pas moins des opinions personnelles et des points de vue spécifiques comme c’est le cas pour son rejet du hiġāʾ [satire].
Al-Mumtiʿ has not come down to us in its entirety and the little that has survived was compiled in the form of an anthology. The authors of critical editions of this text believe that the compiler of this anthology is probably IIbn-Manẓūr (d. 711 AH). For the most part, the book is akin to works of general literature where you find stories and poetry with the odd commentary here and there. It reproduces excerpts from a number of these works, such as the Ṭabaqāt fuḥūl al-šuʿarāʾ [Classes of the Champion Poets] by Ibn-Sallām Al-Ǧumaḥī (d. 232 AH.) and Al-šiʿr wa al-šuʿarāʾ [Poetry and Poets] by Ibn Qutaybaẗ(d. 276 AH.)
This option has deprived the readers of Al-Mumtiʿ of accessing its introduction as well as the author's intended layout and reason for composing it. As a result, the book is a digest, with no introduction or a conclusion. What was discarded from the selection is probably some of Nahšalī's own opinions. The fact is that Ibn Rašīq considers him to be the reference in poetry and poetic criticism; he mentions him dozens of times in his Al-ʿUmdaẗ and reproduces many excerpts. The comparison between these two men of letters was to lead him to compose his epistle entitled Qurāḍat al-ḏahab [Clippings of Gold]. For this reason, his Al-Mumtiʿ could be considered as the foundation on which poetic criticism in the Maghreb was built (during the second half of the fourth century AH). And the works of Ibn Rašīq and Ibn Šaraf will be its crowning achievement (during the first half of the fifth century AH).
Al-Mumtiʿ does not follow a precise classification methodology, contrary to later books of literary criticism, many of which are an enumeration of different rhetorical modes and tropes, illustrated with examples, as in Al-ṣināʿatayn[The Two Arts (Prose and Poetry)] by Al-ʿAskarī (d. 395 AH) and Al-ʿUmdaẗ by Ibn Rašīq (d. 456 AH). Al-Mumtiʿ is more akin to the works of the precursors, in that it attempts to compose a reference literary mudawwana [corpus] that introduces poetry and the culture of those who practice it (what it requires, its status, its motives, its function); it presents the ways of excellence in the subject and illustrates all these elements with celebrated poetic texts and selected aphorisms.
Some of the topics dealt with in its chapters include: the pre-eminence of poetry, rhetoric, famous Arab tribes, the wisemen of Qurayš, the sonority of the voice, poetry as a refuge and defending honor, spurning satire, forgiving wrongdoers. These chapter headings show that Nahšalī is rewriting the memory and culture of Arabic poetry in this new Maghrebian environment in order to build something different. It comes as no surprise, therefore, that the poetic texts reproduced in Al-Mumtiʿ come from the Bedouin environment and the Arab Mašreq, a choice that would not be perpetuated by Maghrebi literary critics after him. The work nonetheless contains personal opinions and specific points of view, as is the case with his rejection of hiġāʾ [satire].
"لما رأت العرب المنثور يندّ عليهم ويتفلّت من أيديهم، ولم يكن لهم كتابٌ يتضمّن أفعالهم، تدبّروا الأوزان والأعاريض، فأخرجوا الكلام أحسن مخرج بأساليب الغناء فجاءهم مستويا، ورأوه باقيا على مرّ الأيام، فألّفوا ذلك وسمّوه شعرا. والشعر عندهم الفطنة. ومعنى قولهم: ليت شعري أي ليت فطنتي."
ومن عجيب الشّعر أنّ مديح النّفس والثّناء عليها قبيح على قائله زارٍ عليه إلاّ في الشّعر. ولم يغتفروها في غيره رغبة في تخليد أخبارهم. وكانوا لا يكتبون فجعلوا روايته مقام الكتاب.
وقد قيل إنّ لليونانيّين كلاما موزونا بلسانهم يتغنّون به وليس بكثير غالب عليهم.
Lorsque les Arabes ont vu la prose leur échapper, leur filer entre les doigts et, en l’absence d’un livre qui raconte leurs faits, ils conçurent la métrique et la versification ; ils articulèrent la parole de la meilleure façon qui puisse être, dans les styles de la chanson ; elle sortit en parfait ordre ; et, au fil du temps, constatant qu’elle perdurait, ils la rassemblèrent et l’appelèrent šiʿr [poésie]. Le mot šiʿr dans leur langue veut dire sagacité. Lorsqu’ils disent « layta šiʿrī !», ils veulent dirent « s’il m’était donné d’être sagace ! »
Ce qu’il y a d’étrange en poésie, c’est que l’éloge de soi et l’auto félicitation, qui sont abominables et blâmables chez celui qui les pratique, ne le sont pas en poésie. Ils [les Arabes] ne les pardonnèrent pas hors de la poésie, vu leur volonté de perpétuer leurs hauts faits. Comme ils n’écrivaient pas, la transmission [de la poésie] leur tenait lieu de livre.
On dit des Grecs qu’ils ont, dans leur langue, un discours cadencé qu’ils utilisent pour chanter et qu’il n’est guère prédominant chez eux.
When the Arabs saw that they were losing prose, that it was slipping through their fingers and, in the absence of a book to tell their high deeds, they devised meter and versification; they articulated their discourse in the best way possible, in the styles of singing; it came out perfectly ordered; and, in the course of time, finding that it endured, they compiled it and called it šiʿr [poetry]. The word šiʿr in their language means sagacity. When they say "layta šiʿrī!" they mean "Would that I were sagacious!"
What is odd about poetry is that self-praise and self-congratulation, abominable and blamable in those who practice them, are not considered so in poetry. They [the Arabs] did not forgive them outside poetry, given their will to perpetuate their high deeds. As they did not write, transmitting [poetry] was a substitute for books.
It is said that the Greeks have, in their language, a cadenced speech that they use in their songs, and that it is scarcely prevalent among them.
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- النقد الأدبي القديم في المغرب العربيّ: نشأته وتطوّره، محمد مرتاض (دمشق: اتحاد الكتاب العرب، 2000)