Trois manuscrits attribués à al-Assadiyya
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Three Manuscripts attributed to al-Assadiyya
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ثلاث مخطوطات منسوبة إلى الأسدية
Juriste hanéfite et juge de la ville de Qayrawān(Kairouan). Après avoir commencé sa formation en Ifrīqiyyaẗ, il se rend au Mašriq (Machreq) en 172/788 pour suivre les enseignements de Mālik ibn Anas (m. 179/795) à Médine. Par la suite, il se rend à la ville de Kufaẗ(Koufa) pour suivre les enseignements des deux disciples de Abū Hanīfaẗ (m. 150/767) : Abū Yūsuf (m. 182/798) et surtout Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī (m. 189/804). Il se rend ensuite en Egypte et y suit les enseignements des plus célèbres des disciples de Mālik ibn Anas, notamment ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim (m.191/806). En 181/797, Asad rentre à Qayrawān(Kairouan) où il enseigne au début les jurisprudences [fiqh] hanéfite et malékite en raison de son passage par une période d’incertitude quant au choix cultuel. Il finit par privilégier le hanéfisme qui était, à l’époque, le culte officiel des Aghlabides. Asad constitue àQayrawān(Kairouan) une école hanéfite dynamique ; il est nommé juge de Qayrawān(Kairouan) après 203/818. En 212/827, il mène une campagne contre la Siqilliayaẗ(Sicile) et meurt lors du siège de Saraqustaẗ (Syracuse). Il est enterré en Siqilliayaẗ(Sicile) .
A Hanafi jurist and judge in the city of Kairouan. After beginning his education in Ifrīqiyyaẗ, he moved to the Machreq in 172/788 to follow the teachings of Mālik ibn Anas (d. 179/795) in Medina. Later, he went to the city of Kufaẗ(Koufa) to follow the teachings of the two disciples of Abū Hanīfaẗ (d. 150/767): Abū Yūsuf (d. 182/798) and especially Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī (d. 189/804). He then went to Egypt and followed the teachings of the most famous of Mālik ibn Anas disciples, especially ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim (d.191/806). In 181/797, Asad returned to Qayrawān(Kairouan) where he initially taught both Hanafi and Maliki jurisprudence [fiqh] due to his passage through a period of uncertainty regarding cults. He ended up giving precedence to Hanafism which was, at the time, the official cult of the Aghlabids. Asad established a dynamic Hanafī school in Qayrawān(Kairouan) and was appointed judge of Qayrawān(Kairouan) after 203/818. In 212/827, he led a campaign against Sicily and died during the siege of Saraqustaẗ (Syracuse). He is buried in Siqilliayaẗ(Sicile).
إمام بالفقه والأصول، أحد صاحبيْ أبي حنيفة ، وأحد مؤسّسي المدرسة الحنفيةّ. تتلمذ أيضل لأبي حنيفة ثمّ لأبي يوسف . تميّز بعنايته بالحديث، وبثرائه. تفرّغ للعلم زلم يقلّد والده في الخدمة العسكريّة. كان يدرّس بالكوفة ثمّ ببغداد ، فتحرّج على يديه العديد من التلاميذ من أبرزهم الشافعي و أسد بن الفرات . ولي قضاء الرقّة ثمّ عزل في عهد هارون الرّشيد . وتوسّع في تدوين الفقه الحنفي ، فنسبت إليه مؤلّفات كثيرة ربّما بلغت 37، فيما ذكر فؤاد سيزكين . وقد قسّم فقهاء الحنفيّة هذه المؤلّفات إلى صنفين: كتب ظاهر الرّواية وكتب غير ظاهر الرّواية.
Imam savant en fiqh [règlements issus de la jurisprudence] et en uṣūl [principes et règles permettant de générer de tels règlements], l’un des deux disciples de Abū Ḥanīfaẗ et l’un des fondateurs de l’école hanéfite. Tour à tour, il a aussi été l’étudiant de Abū Ḥanīfaẗ et Abū Yūsuf. Il s’est distingué par l’intérêt qu’il a porté au hadīṯ et par sa prolixité. Il s’est consacré à la science et n’a pas suivi son père dans une carrière militaire. Il enseignait à Kufaẗ (Kufa) puis à Baġdād (Baghdad). De nombreux étudiants lui doivent leur formation, dont les plus illustres sont al-Šāfiʿī et Asad ibn al-Furāt. Il fut nommé juge de la ville de Raqqaẗ puis démis de ces fonctionssous le règne de Hārūn al-Rašīd. Prolifique dans la documentation de la jurisprudence hanéfite, on lui a attribué de nombreux ouvrages (37 selon Fuat Sezgin). Les juristes du hanéfisme ont classé ces ouvrages en deux catégories : ouvrages à transmission explicite et ouvrages à transmission non explicite.
An Imam, learned in fiqh [regulations derived from jurisprudence] and uṣūl [principles and rules for generating such regulations], he was one of Abu Ḥanīfa's two disciples and one of the founders of the Hanafi school. He was also a student of Abū Hanīfaẗ and Abū Yūsuf. He was celebrated for his interest in Ḥadīṯ and his prolixity. He devoted himself to science and did not follow his father into a military career. He taught in Kufaẗ (Kufa) and Baġdād (Baghdad). Many students owe their training to him, the most illustrious of whom are al-Šāfiʿi and Asad ibn al-Furāt. He was appointed judge of the city of Raqqa, then dismissed during the reign of Hārūn al-Rašīd. Prolific in documenting Hanafī jurisprudence, he has been credited with numerous works (37 according to Fuat Sezgin). Hanafī jurists have classified these works into two categories: works of explicit transmission and works of non-explicit transmission.
الأسديّة هي نسبة إلى أسد بن الفرات ، وأصلها أسئلة حنفية جمعها أسد بالكوفة ، وطلب من محمّد بن الحسن الشيباني أن يجيبه عنها. وإثر وفاة مالك سنة 179/795، قرّر أسد التوجّه إلى مصر ليأخذ العلم عن أشهر تلاميذ مالك هناك، وخاصّة منهم عبد الرحمان بن القاسم . جرّد أسد تلك المسائل الحنفية من أجوبتها، وطلب من ابن القاسم أن يُجيبه عنها حسب فقه مالك ، وبذلك نشأت الأسديةالتي تحتوي بالضرورة فقها مالكيا. وقد أسمعها أسد بالقيروان ، فأخذها عنه سحنون بن سعيد (ت. 240/854) الذي قرّر إصلاحها بمصر مع ابن القاسم ، وبذلك ظهرت مدوّنة سحنون .
تنسب القائمة الوقتية بمكتبة رقّادةالعتيقة إلى الأسدية ثلاث قطع مخطوطة، وهي:
- كتاب الصلاة، به ورقتان،
-كتاب العتق والتدبير، به 24 ورقة،
-كتاب السرقة وقطع الطريق، به 12 ورقة، ونجد في بدايته سماعين: الأوّل مؤرّخ سنة 278/891 والثاني سنة 300/912.
صدّق جلّ الباحثين، مثل يوسف شاخت و محمد الطالبي ، نسبة هذه المخطوطات إلى الأسدية. وللتّثبّت من ذلك، قمتُ بدراسة تلك القطع وتحقيقها ونشرها. فتبيّن أن هذه المخطوطات تحتوي على فقه حنفي خالص، وعلى أسانيد حنفية. أمّا السماعات بها، فهي تخصّ أيضا أعلاما أحناف، مثل أسد بن الفرات وتلميذيه المشهوريْن: سليمان بن عمران و معمّر بن منصور . وبالتّالي غياب أسانيد مالكية مثل مالك ، و ابن القاسم وغيرهما، هذا إلى جانب غياب اسم الأسدية في عناوين هذه المخطوطات.
وعليه استبعدنا أن تكون هذه المخطوطات تابعة للأسدية، واستنتجنا أنّها تمثّل قطعا من كتاب الأصل لمحمّد بن الحسن الشيباني برواية أسد بن الفرات . وبالمقابل اعترضتنا في كتاب النوادر والزيادات لابن أبي زيد القيرواني (ت. 386/996)، وفي التنبيهات المستنبطة على كتب المدوّنة والمختلطة للقاضي عياض (544/1149)، فقراتٌ منسوبة إلى الأسدية، فيها ذكر لابن القاسم ومالك ... (انظر الاستشهاد الأوّل).
وعليه فإنّ القطع المخطوطة الثلاث لا تنتمي إلى الأسدية، بل هي تنتمي إلى كتاب الأصل لمحمد بن الحسن الشيباني برواية أسد بن الفرات .
Al-Asadiyyaẗ doit son nom à Asad ibn al-Furāt. Elle trouve son origine dans un certain nombre de questions hanafites qu'Asad a recueillies dans la ville de Kufaẗ (Koufa) et qu’il a par la suite posées à Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī en vue d’avoir sa réponse. Après la mort de Mālik en 179/795, Asad décide de se rendre en Égypte et de suivre les enseignements des disciples les plus célèbres de Māliki, en particulier ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim. Après avoir enlevé les réponses [fournies par al-Šaybānī], Asad soumet les questions hanafites à Ibn al-Qāsim et lui demande des réponses basées sur la jurisprudence de Mālik. C'est ainsi que naît Al-Asadiyyaẗ, qui inclut nécessairement la jurisprudence malékite. Par la suite, Asad en fait un enseignement qu’il dispense à Qayrawān (Kairouan) et qui est suivi par Saḥnūn ibn Saʿīd (m. 240/854) lequel décide par la suite de le réviser en Égypte avec Ibn al-Qāsim. C'est ainsi que naît la Mudawwanaẗ de Saḥnūn.
La liste provisoire de la bibliothèque des antiquités de Raqqādaẗattribue trois manuscrits à Al-Asadiyyaẗ, à savoir:
Kitāb al-Ṣalāt[Le livre de la prière], composé de deux feuillets.
Kitāb al-ʿatq wa al-tadbīr Le livre de l'affranchissement des esclaves (du vivant de leur maître et après sa mort)], composé de 24 feuillets.
Kitāb as-Sariqaẗ wa Qatʿat-Tarīq [Le livre du vol et du brigandage], composé de 12 feuillets dont les premiers portent deux samaʿ [littéralement : auditions, version d'un enseignement rédigée par un disciple], le premier daté de 278/891 et le second de 912/300.
La plupart des chercheurs, dont Joseph Schacht et Muḥammad Talbī, ont cru que ces manuscrits étaient attribuables à al-Asadiyyaẗ. Pour s'en assurer, il a été procédé à l'examen de ces manuscrits ; une édition critique a été réalisée et publiée. Il en ressort que les manuscrits contiennent exclusivement de la jurisprudence et des références hanafites. Quant aux deux samaʿ qui s’y trouvent,ils font aussi référence à des savants hanafites, tels que Asad ibn al-Furāt et ses deux célèbres étudiants : Sulaymān ibn ʿUmrān et Muʿammar ibn Manṣūr. Ils ne font aucune référence aux savants malékites tels que Mālik, Ibn al-Qāsim ou d'autres. Il convient également de noter l'absence du nom al-Asadiyyaẗ des titres des manuscrits.
Il a donc été jugé peu probable que ces manuscrits appartiennent à l’Asadiyyaẗ et il a été conclu qu’ils appartiennent au livre de al-Asl de Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī, relaté par Asad ibn al-Furāt.
En revanche, le livre Al-Nawādir wa Al-Ziyadāt d'Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (d. 386/996) et le livre Al-tanbīhāt al-mustanbaṭaẗ ʿalā al-mudawwanaẗ wa al-muẖtaliṭaẗ d'Al-Qāḍī Iyyāḍ (544/1149) comprennent des paragraphes attribués à Al-Asadiyyaẗ où il est fait référence à Ibn al-Qāsim et à Mālik. (Cf. citation #1)
Les trois manuscrits n'appartiennent donc pas à l’Asadiyyaẗ ; ce sont en fait des parties du livre intitulé al-Aṣl de Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī, relaté par Asad ibn al-Furāt.
Al-Asadiyyaẗ owes its name to Asad ibn al-Furāt. It originated in a number of Hanafi questions that Asad collected in the city of Kufaẗ (Kufa) and then submitted to Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī to have his answers. After Mālik's death in 179/795, Asad decided to head for Egypt and learn from Mālik's most celebrated disciples there, especially ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim. After removing the answers [provided by al-Šaybānī] Asad submitted the Hanafi questions to Ibn al-Qāsim and requested answers based on Mālik's jurisprudence. This marks the inception of Al-Asadiyyaẗ which necessarily includes Maliki jurisprudence. Subsequently, Asad turns it into a teaching which he delivers in Qayrawān (Kairouan) and which is followed by Saḥnūn Ibn Saʿīd (d. 240/854) who decided to review it in Egypt with Ibn al-Qāsim. That is how Saḥnūn's Mudawwanaẗ came into being.
The provisional list of the Raqqādaẗ Antiquities Library attributes three manuscripts to Al-Asadiyyaẗ, namely:
Kitāb al-Ṣalāt [The Book of prayer], consisting of two folios
Kitāb al-ʿatq wa al-tadbīr The Book of Freeing of Slaves (during their master’s lifetime and after his death)], consisting of 24 folios
Kitāb as-Sariqa wa Qatʿ at-Tarīq [The Book of Theft and Highway Robbery], consisting of 12 folios, the first of which bear two samaʿ [literally: hearings], manuscript versions of a master's teaching recorded by one of his students, the first dated 278/891 and the second 912/300.
Most scholars, including Joseph Schacht and Muḥammad Talbī, have believed that these manuscripts were attributable to al-Asadiyyaẗ. To ascertain this, the manuscripts were reviewed, critically edited and published. What came out was that the manuscripts consist solely of Hanafi jurisprudence and Hanafi references. Furthermore, the two samaʿ they contain refer to Hanafi scholars, namely Asad ibn al-Furāt and his two famous students: Sulaymān ibn ʿUmrān and Muʿammar ibn Manṣūr. They include no references to Maliki scholars such as Mālik, Ibn al-Qāsim or others. Also worth noting is the absence of the name al-Asadiyyaẗ from the titles of the manuscripts.
Hence, it was deemed unlikely that these manuscripts pertain to al-Asadiyyaẗ and it has been concluded that they represent a portion of the book titled al-Aṣl by Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī, narrated byAsad ibn al-Furāt.
In contrast, the book Al-Nawādir wa Al-Ziyadāt by d'Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī (d. 386/996) and the book Al-tanbīhāt al-mustanbaṭaẗ ʿalā al-mudawwanaẗ wa al-muẖtaliṭaẗ by d'Al-Qāḍī Iyyāḍ (544/1149) include paragraphs attributed to Al-Asadiyyaẗ where Ibn al-Qāsim and Mālik are mentioned. (Cf. Quotation #1)
Therefore, the three manuscripts do not pertain toal-Asadiyyaẗ ; they are rather part of the book titled al-Aṣl by Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Šaybānī, narrated by Asad ibn al-Furāt.
قال ابن القاسم في الأسدية: سواءٌ قبضتْ أو لم تقبض، فإن شاء بنى، وودّى صداق المثل، وإلّا فارق، وكانت طلقة ولا شيء عليه... (ج 4 ص 594).
حدّثنا أسد بن الفرات عن محمّد بن الحسن، عن أبي يوسف، عن إسماعيل بن مسلم، عن الحسن بن أبي الحسن البصري، عن أبي الدرداء، عن رسول الله صلى الله عليه وسلّم أنّه قال: من لعب بطلاق أو عتاق فهو جائز عليه.
قلتُ: وكذلك التّاجر يفتح حانوتَه في السوق، وأذن للنّاس في الدخول عليه، يشترون منه، فيُسرق منه ثوبٌ، يُساوي عشرة دراهم؟ قال: هذا لا يُقطع لأنّه قد أذن له.
Ibn al-Qāsim dit dans al-Assadiyya : "Qu'elle ait reçu de l'argent ou non, s'il le souhaite, il peut consommer et lui fournir une dot appropriée [sadāq al-miṯl], ou bien il peut [la] quitter ; dans ce cas, il s'agit d'un divorce et il ne doit rien..."
Assad Ibn al-Furāt nous a dit, d’après Muḥammad Ibn al-Ḥasan, d’après Abi Yūsif, d’après Ismāʿīl Ibn Muslim, d’après al-Ḥasan Ibn Abi al-Ḥasan al-ʿbaṣri Ibn Abi al-Dardāʾ, d’après le Messager d’Allah (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) qui a dit : "Celui qui plaisante avec le divorce ou l'affranchissement y est astreint".
Je dis : « De même, un commerçant ouvre sa boutique au marché, invite les gens à entrer et à acheter, et on lui vole un habit d'une valeur de dix dirhams ». Il dit : « Dans ce cas, la main [du voleur] n'est pas coupée car il était autorisé à entrer. »
Ibn al-Qāsim said in al-Assadiyya: “Whether she received money or not, if he so wishes, he may consummate and provide her with an appropriate bride dowry [sadāq al-miṯl], or else he may leave [her]; in this case, it is a divorce and he owes nothing…”
Assad Ibn al-Furāt told us, after Muḥammad Ibn al-Ḥasan, after Abi Yūsif, after Ismāʿīl Ibn Muslim al-Ḥasan Ibn Abi al-Ḥasan al-ʿbaṣri Ibn Abi al-Dardāʾ after the Messenger of Allah (may Allah bless him and grant him peace) who said: “Whoever jests with divorce or manumission is bound to it.”
I say: “Similarly, a shopkeeper opens his shop in the market, invites people to come in and buy, and a suit worth ten dirhams is stolen from him”. He says: “In this case, the [thief’s] hand is not cut off because he was authorized to come in”.
محمد بن الحسن الشيباني، كتاب الأصل، نشر محمد بوينُوكالن، قطر وزارة الأوقاف 2012، ج 5، ج 7.