L’épistolaire est le genre littéraire que Cyprien préférait pour les affaires et la gestion de son Église. Les lettres qui nous sont parvenues de sa correspondance sont au nombre de 81, dont 16 sont écrites par ses correspondants ; 6 sont des lettres synodales dont il fut vraisemblablement le principal rédacteur. L’ensemble décèle la familiarité de
Cyprien avec l’écriture des auteurs latins classiques.
La Correspondance constitue une œuvre d’une importance primordiale qui fournit des informations d’une grande valeur sur la vie de l’Église au milieu du troisième siècle, et sur les combats que les chrétiens ont dû alors soutenir. Elle permet de suivre
Cyprien tout au long de la dizaine d’années de son épiscopat. On découvre un homme entièrement voué aux multiples responsabilités de sa charge, un chrétien pleinement engagé dans sa foi et nourri d’Écritures, un polémiste certes soucieux de l’unité de l’Église mais intransigeant dans le désaccord.
Cyprien est aussi l’administrateur chargé de régler le problème des lapsi après la persécution de l’empereur Dèce, et aussi de veiller aux œuvres de miséricorde, en particulier au rachat des captifs. Il est l’homme de foi, le pasteur des âmes qui prodigue des encouragements à la communauté et félicite les confesseurs de la foi. Enfin, il est le doctrinaire qui exprime son attitude à l’égard des hérétiques et apporte son soutien à l’Evêque de Rome face à un schisme au sein de l’église romaine.
Cyprien justifie la position de son Église, soit en son nom personnel, soit comme porte-parole des Conciles de
Carthage.
Dans un ordre logique, on distingue quatre thèmes traités dans sa « Correspondance ». L’un traite de questions diverses de discipline (Livre I-IV), l’autre se rapporte à la persécution de Dèce, à la réconciliation des apostats et à la lutte contre les schismatiques (Livre. V-LXVIII), un troisième concerne le baptême des hérétiques (Livre LXIX-LXXV), le dernier aborde de la persécution de l’empereur
Valérien (Livre LXXVI- LXXXI).